Patrick Buisson contre Patrick Buisson

Quand Patrick Buisson critiquait les sondages

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Minute, 26 novembre - 2 décembre 1980

Quand Patrick Buisson critiquait la commission des sondages

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Minute, 29 avril-5 mai 1981



Sondages de l’Elysée : les médias évitent le tribunal

Sondages de l’Elysée : les médias évitent le tribunal

Philippe Cohen – Marianne | Dimanche 7 Février 2010 à 13:01

Journal des Mariannautes. Marianne2 a rendu compte cette semaine des ennuis judiciaires provoqués par la publication de ses enquêtes sur les sondages de l’Elysée dans l’hebdomadaire et sur le site. Les Mariannautes ont mieux réagi que les confrères.

Chers Mariannautes,
Cette semaine nous n’évoquerons pas, exceptionnellement, les articles qui ont provoqué le plus de commentaires. Vous avez été très nombreux à débattre de la candidate voilée du NPA. Nombreux encore à déplorer le score flatteur de Nicolas Sarkozy dans le sondage CSA-Marianne, à critiquer l’hypothèse d’un DSK nouveau leader de l’opposition, ou encore à vous en prendre au recours au sondages à proprement parler, qui n’est pourtant pas nouveau dans notre hebdomadaire.
Non, cette semaine, nous allons nous concentrer, exceptionnellement, sur les tribulations judiciaires de Marianne qui comparaissait cette semaine à deux reprises devant la XVII° Chambre du tribunal de Paris pour enquête et plusieurs articles sur les sondages de l’Elysée publiée cet été. A cette occasion, la plupart des médias, du Monde à Libération en passant par Rue89, Mediapart, et bien d’autres, avaient repris, comme Marianne2 et Marianne, l’enquête de la Cour des Comptes. La plupart, comme les journalistes de Marianne, ont prolongé l’enquête en s’efforçant de comprendre ce que recouvraient, en terme de prestations, les factures exorbitantes, disait le rapport de la Cour des Comptes, acquittées par l’Elysée au cabinet Publifact.

La seule originalité de Marianne avait été de mettre le paquet – au total six de nos journalistes ont été assignés dans ces deux procès – sur cette enquête qui nous semblait emblématique du fonctionnement du régime sarkozyste et d’analyser en profondeur ce qui nous paraissait être une véritable machine de propagande : le triangle informationnel constitué par Publifact, Opinon Way et le Figaro. C’est sur ce thème que nous avions construit la une de Marianne du 25 juillet. Et c’est cette enquête qui s’est trouvée attaquée de façon convergente, quoique séparée, par Patrick Buisson et Publifact d’une part et Hugues Cazenave et l’Institut Opinion Way d’autre part.

Nous étions donc fondés à penser que les procès de Patrick Buisson et d’Opinion Way, qui exigeaient pour plus de 400 000 euros de dommages et intérêts, ne concernaient pas que les intérêts de Marianne. Or, que s’est-il passé devant la XVII° Chambre cette semaine ? Aucun des grands médias papier ou Internet, excepté l’express.fr, et l’AFP mardi 28 janvier, n’était présent. Même Libération, qui est pourtant assigné par Patrick Buisson pour le même type d’enquête, n’a pas jugé utile de faire un compte rendu de cette audience. Pire : Rue89 se permet, la même semaine, de donner la parole à un intellectuel qui traite Marianne de « feuille réactionnaire ».

Donc, nos confrères nous ont déçu. Leur absence n’est peut-être qu’une coïncidence : tous les journalistes sont soumis à de nombreuses sollicitations. Nous ne voulons pas croire que c’est notre habitude de critiquer régulièrement et, en général, sur le fond, nos confrères et les médias en général. La polémique publique fait partie du débat démocratique.
Ce qui est sûr en revanche c’est qu’en désertant le tribunal, nos confrères ne sont privés d’information parfois précieuses dont nous rendrons compte prochainement concernant le travail de M. Patrick Buisson et l’institut Opinion Way.

Passons. Nous avons choisi cette semaine de publier les réactions de Mariannautes qui, de leur côté, se sont montrés solidaires de nos tribulations judiciaires.
SUD OUEST : « Heureusement que la Cour des Comptes existe, malgré que ses rapports soit, semble t’il, plus consultatifs qu’exécutoire et c’est bien dommage.
Hélas, M. Philippe SEGUIN n’est plus de ce monde car il aurait très certainement hurler de voir de tels abus et l’argent foutu par les fenêtres.
Longue vie à la Cour des Comptes et à Marianne.
»
C’est aussi l’avis de Badboy : « Pourquoi lBuisson et Opinionways n’attaquent-ils pas directement la Cour des comptes, qui est à l’origine de la prétendue « diffamation »?»

Estienne préfère en rire : « Elevons le débat , voici le droit de réponse d’Opinione ouais :  » c’est pas vrai que c’est Nicolas qu’a d’mandé le sondage et pis que quand j’lai vendu à Figaro ben c’est pas pareil, et pis que Marianne y s’moque de moi, je vais le dire à la maîtresse »
Y’a plus qu’à voir si le juge vas gronder ou pas
»
Quant à Dominique de V, il ne s’est pas départi de sa sollenité habituelle : « Chère Marianne,
Faites confiance à la justice de la République.
»
Le mot de la fin pour hector le castor :

hector le castor : la vérité coûte cher

1 – s’ils ont insisté sur le côté « insultant » cela veut dire que c’est plutôt de l’injure. Une porte ne pouvant être à la fois ouverte ET fermée comme dirait Eolas, l’accusation doit choisir entre injure OU diffamation.
2 – la diffamation c’est un fait précis, qui ne laisse pas de place au doute (sinon ça serait de l’injure). Il faut que la défense n’ai aucun doute sur ce qui lui est reproché sinon elle ne serait pas en capacité de faire valoir son exception de vérité. Si le procureur indique qu’il n’y a qu’un article (sur le nombre) qui peut être mis en cause, c’est que l’accusation en a choisi trop, rendant ainsi impossible le travail de la défense. Une citation qui n’est pas assez précise ne peut pas établir une diffamation, en toute hypothèse.
3 – première idée contre intuitive : on peut dire la vérité et se retrouver devant un tribunal (si vous prouvez que c’est vrai vous serez relaxé : exception de vérité)
4 – deuxième idée contre intuitive : on peut dire des choses fausses mais s’en sortir malgré tout (exception de bonne foi)
5 -dernière idée contre intuitive : même si vous prouvez que vous avez dit la vérité, vous en serez sûrement de votre poche (frais d’avocats en milliers d’euros + temps des procédures.

A LIRE

Sondages élyséens: le tribunal remplace le Parlement

Sondages élyséens: le tribunal remplace le Parlement

Gérald Andrieu – Marianne | Mardi 2 Février 2010 à 05:01

L’affaire des enquêtes d’opinion payées par l’Elysée n’aura finalement pas droit de cité à l’Assemblée nationale, malgré les efforts des socialistes pour décrocher une commission d’enquête. C’est donc devant la justice que l’on en saura plus: OpinionWay et Patrick Buisson ont en effet attaqué Marianne. Procès aujourd’hui et vendredi…

Le rapport de la Cour des comptes rendu public en juillet dernier n’y allait pas par quatre chemins. Ce qu’il révélait tenait en cinq points troublants :

1) La Présidence a versé près d’1,5 million d’euros à un cabinet d’études chargé de jouer les intermédiaires entre l’Elysée et des instituts de sondages.
2) Le partenariat qui liait l’Elysée et ce cabinet s’était fait sur la base d’une simple convention sans passer par la procédure pourtant obligatoire d’appel d’offre.
3) Cette convention (qui tenait sur une maigre page !) donnait tout pouvoir à ce cabinet : il « sera chargé de juger de l’opportunité, dans le temps et dans les thèmes, des sondages ou études d’opinion dont il confiera l’exécution aux instituts spécialisés de son choix, sur la base d’une facturation ponctuelle incluant la rémunération par [le cabinet] de ses sous-traitants techniques ».
4) Ce cabinet était, d’après la Cour des comptes, « un client du “Politoscope”, enquête grand public “omnibus” réalisée par l’institut OpinonWay, dont les résultats sont publiés par Le Figaro et LCI ». Ce que s’est empressé de nier OpinionWay.
5) La Cour des comptes soulevait un autre problème : sur les 35 études facturées par ce mystérieux cabinet, au moins 15 avaient fini dans les médias.
Depuis, les informations se sont faites plus précises. Le nom du cabinet — révélé par Marianne2 — est désormais connu de tous : il s’agit de Publifact dirigé par Patrick Buisson, le conseiller ès sondages de Nicolas Sarkozy.
Mais malgré tout cela, il n’y aurait pas d’affaire des sondages élyséens ! Les députés, en tout cas, n’en débattront pas publiquement puisqu’il n’y aura pas d’enquête parlementaire sur le sujet. Ce n’est pourtant pas faute pour le groupe PS à l’Assemblée nationale d’avoir essayé. À plusieurs reprises même. Mais à chaque fois la majorité est parvenue à faire capoter l’initiative ou à en réduire le champ de compétence grâce au nouveau règlement intérieur de l’Assemblée. Un nouveau règlement issu de la réforme constitutionnel de Nicolas Sarkozy et qui est « fait de telle manière », explique-t-on côté socialiste, « qu’il fait s’abattre une chape de plomb » sur le Palais bourbon.

Il n’empêche, dans les rangs des députés PS, on explique « ne pas renoncer » et n’avoir « retirer de l’ordre du jour » la dite demande de création de commission d’enquête que « temporairement ». Il est pourtant peu probable qu’elle revienne sur le tapis. Reste une autre solution : passer par la Commission des finances. Mais la décision serait « à la discrétion de son président ». Et quand bien même aurait-elle lieu, elle ne permettrait d’aborder que la partie financière et économique du dossier. Quid alors du reste de l’affaire ?

Pour le reste, c’est peut-être finalement demain et vendredi, devant la 17e Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris, que l’on en apprendra plus. OpinionWay et Patrick Buisson ont en effet décidé d’attaquer Marianne et Marianne2.fr à qui ils réclament plusieurs centaines de milliers d’euros. Patrick Buisson et les responsables d’OpinionWay considèrent-ils qu’ils n’ont pas assez gagné d’argent avec l’Elysée ? Ils ont décidé en tout cas de frapper à la caisse, le nerf de la guerre… Mais ces deux procès auront au moins un mérite : débattre tout haut de cette affaire sur laquelle le camp présidentiel semble ne surtout pas vouloir revenir. Et qui sait : les audiences permettront peut-être de lever un peu plus encore le voile sur les relations Elysée – Publifact – OpinionWay – Le FigaroLCI

Des usages des sondages en République

AGORA / sciences sociales

Des usages des sondages en République

Date décembre 18, 2009

L’Observatoire des sondages assure une veille scientifique -et serait-on tenté d’ajouter civique- sur la manière dont les sondages sont conçus, passés et utilisés dans l’espace public. Parmi ses préoccupations, les développements qui ont suivi le rapport de la Cour des Comptes du 16 juillet 2009 concernant les finances de la Présidence de la République. L’addiction sondagière du Chef de l’Etat était ainsi confirmée, mais était également révélée les montant exorbitants facturés à ce dernier par la société Publifact appartenant à l’un des conseillers de M.Sarkozy, Patrick Buisson.

Si les médias – Canard enchaîné excepté- ont été “curieusement” peu enclins à suivre les prolongements de ce dossier, le quotidien Libération a cependant publié une tribune d’Alain Garrigou, membre de la rédaction et du Comité scientifique de  l’Observatoire des sondages au côté de chercheurs reconnus  dans ce domaine comme Patrick Champagne, Daniel Gaxie, Bernard Lacroix et Patrick Lehingue ,  le 6 novembre dernier mettant en cause M.Buisson et sa société,  lequel a rétorqué une semaine plus tard en déposant une plainte pour diffamation contre le politiste et le journal.

L’ensemble de cette affaire, que l’Observatoire des sondages a baptisée “Opiniongate” est récapitulée en quatorze épisodes -pour l’heure- sur le site de ce dernier.

Au-delà de l’affaire politique au sens étroit du terme se joue une certaine orientation des sciences sociales, que met bien en évidence un communiqué de l’Observatoire du 7 décembre dernier- encore une fois “curieusement” peu répercuté, et que nous reproduisons ci-dessous.

Sondages et sciences sociales

“En révélant la diversité des sondages et l’importance des sommes dépensées, la Cour des comptes a confirmé l’addiction de l’hôte de l’Elysée. Pris en faute, les budgets ont été transférés vers le SIG, dépendant de Matignon, mais dirigé par un publicitaire proche du Président. Il n’est pas nécessaire de faire un dessin. S’il est des enseignants qui pourraient se féliciter de cette sondophrénie, ce sont les enseignants de SES (sciences économiques et sociales) qui forment leurs étudiants aux méthodes d’enquêtes scientifiques, sociologiques et statistiques. Ils acquièrent dans cette filière une compétence nécessaire à la maîtrise de ces outils de connaissance de la société et de gestion politique. Comment ne pas s’étonner alors des attaques menées par le gouvernement contre les SES ? Est-il absurde de relier la consommation effrénée de sondages par L’Elysée et la relégation programmée des savoirs sur la société ?

On ne saurait s’abuser : autant le pouvoir aime les sondages autant il déteste la compétence scientifique. Il ne s’agit pas d’apprendre mais de manipuler et on ne manipule jamais mieux que des cerveaux ignorants et dociles. Il faut mettre au même rang le projet de supprimer l’histoire en terminales. Qu’étudiera-t-on dans les lycées ? Du management et du marketing. Avec des études de marché et des sondages bidons. Et un public interdit devant le déluge de chiffres et de pourcentages.”

Source : http://agora.hypotheses.org/2009/12/18/de-lusage-des-sondages-en-republique/

Opinion Way devient Opinion War !

Marianne2

Opinion Way devient Opinion War !

Régis Soubrouillard | Mercredi 5 Décembre 2007 à 00:04

Dernier arrivé dans le secteur très concurrentiel des instituts de sondage, Opinion Way fait l’objet d’attaques virulentes concernant ses méthodes et sa proximité avec le pouvoir. Les responsables d’Opinion Way contre-attaquent.

On connaissait le « sondage sortie des urnes », Opinion Way a inventé le sondage « sorti du clic ». Outre ses méthodes, souvent contestées, l’institut est également critiqué pour son engagement politique. Qualifié d’Institut « low cost », voire « sarko dépendant », Opinion Way se dit victime d’une cabale.
« C’est complètement injuste » se défend Hugues Cazenave, fondateur du groupe. « Nous sommes un petit institut, indépendant donc on nous attaque et je vous avoue qu’on en a marre ! On a décidé de contre-attaquer. Évidemment nous avons beaucoup travaillé pour Le Figaro, LCI, l’UMP mais les études politiques représentent 8% de notre activité. Quant à notre travail avec Le Figaro c’est moins de 10% des études politiques. C’est epsilonesque ! Et je ne vais pas refuser des clients. Expliquez-moi quel intérêt j’aurais commercialement à ne me tourner que vers des clients orientés politiquement ? Ce serait suicidaire ».

Giacometti à l’Elysée ?
Par ailleurs Hugues Cazenave se montre relativement virulent avec ceux qu’il appelle « ses petits camarades », à savoir ses confrères et autres concurrents : « Ce n’est un secret pour personne, tous les instituts travaillent avec le gouvernement ou l’Elysée. Sarkozy est un gros consommateur d’études. Donc dire que nous serions « Sarko-dépendants » est complètement diffamatoire ».
Un point difficilement contestable tant la proximité des pontes du secteur avec la gente politique est largement avérée. Et certains se rapprochent même des cercles du pouvoir plus rapidement qu’on ne le croit. Ainsi, il se murmure que le PDG de l’institut Ipsos, Pierre Giacometti, pourrait rejoindre l’Elysée au poste de conseiller opinion du Prince. L’intéressé ne dément pas ce qui n’est encore qu’une rumeur : « Aujourd’hui je suis toujours chez Ipsos, et ce n’est pas d’actualité même si rien n’est à écarter ».
Outre ses accointances présumées avec le pouvoir, Opinion Way est également souvent l’objet d’attaques sur ses méthodes de travail. Notamment la multiplication des études en ligne aux résultats fracassants…et souvent en accord avec la ligne politique du média commanditaire : lors des grèves récentes contres la suppression des régimes spéciaux, aucune question sur les enjeux sociaux des grèves, tous les sondages portaient sur la gêne aux usagers et la fermeté du gouvernement.

Panel Sarko-représentatif

Même chose lors des interventions télévisées du président de la République : Le Figaro publie systématiquement sur son site internet un sondage Opinion Way en appui de l’intervention. Les études en ligne ne sont d’ailleurs pas réalisées sur un échantillon dit représentatif mais sur un panel d’internautes ayant regardé le président de la République : « De fait, les gens de droite sont surreprésentés dans ces échantillons » admet Hugues Cazenave qui reconnaît certaines limites méthodologiques : « Evidemment, c’est Le Figaro qui nous commande les questions et c’est un journal qui a une orientation politique de même que Marianne. Mais je ne comprends pas pourquoi nous serions les seuls bouc émissaires. Par exemple, je peux vous dire que pendant les grèves, CSA a réalisé une enquête pour l’Humanité. Les résultats n’étaient pas favorables au mouvement, et l’Huma a choisi de ne pas publier le sondage ».

Stéphane Rozès, responsable de la cellule Opinion chez CSA n’a pas souhaité réagir directement à cette mise en cause : « c’est une position de défense. Je ne veux mettre en cause aucun institut. Je peux simplement vous dire sur un plan général que la perception d’un mouvement social par l’opinion ne se réduit pas à trois ou quatre questions et que CSA ne recourt pas, pour l’heure, à des études par Internet ». Ambiance…

Droit de réponse de Patrick Buisson publié dans Le Monde

Droit de réponse de Patrick Buisson publié dans Le Monde

Le Monde daté du 26 novembre 2009

CORRESPONDANCE Une lettre de Patrick Buisson

A LA SUITE de notre article consacré aux sondages de l’Elysée (Le Monde du 7 novembre), Patrick Buisson, conseiller opinion du président de la République, nous écrit notamment :

 » Dans votre article publié sous le titre « Le PS tient à une commission d’enquête sur les sondages à I’EIysée », vous citez le rapport du rapporteur spécial de la commission des finances de l’Assemblée nationale et notamment les chiffres communiqués par les services de la présidence de la République quant aux commandes de sondages.

II est dommage que vous vous soyez arrêtés à ce seul aspect des choses. A aucun moment, par exemple, vous n’avez jugé utile d’indiquer que la mission que j’ai exercée dans le cadre de la société Publifact, aux termes de la convention passée le 1er juin 2007 avec la présidence de la République, comportait deux volets distincts : le premier concernant le conseil politique et stratégique, le second une mission de direction des études incluant entre autres le recours aux enquêtes d’opinion.

C’eût été pourtant un éclairage pertinent pour en expliquer le fonctionnement à vos lecteurs. Ils auraient alors compris que les instituts n’étaient pour Publifact que des sous-traitants techniques et les sondages qu’une composante d’une mission beaucoup plus vaste couvrant le suivi de l’opinion pour le compte de la présidence. (…) J’ajoute que le montant des prestations facturées à mon cabinet que vous attribuez à OpinionWay pour l’année 2008 (190 000 euros) est totalement fantaisiste et très éloigné de la réalité. « 

La création d’une commission d’enquête sur les sondages de l’Elysée déclarée irrecevable

Le Monde.fr

La création d’une commission d’enquête sur les sondages de l’Elysée déclarée irrecevable

LEMONDE.FR | 17.11.09 | 14h22  •  Mis à jour le 17.11.09 | 16h03

La commission des lois de l’Assemblée nationale a déclaré irrecevable, mardi 17 novembre, la demande de création d’une commission d’enquête sur les sondages financés par l’Elysée.

Le dernier mot sur cette demande du groupe socialiste revient néanmoins au président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. Ce dernier devrait réunir très rapidement le bureau – la plus haute autorité collégiale de l’Assemblée -, peut-être dès cette après-midi.

L’appréciation de la Commission des lois laisse peu de marge de manoeuvre à M. Accoyer : on le voit mal aller à l’encontre de cet avis, mais aussi à l’encontre du groupe UMP.

L’Elysée avait été épinglé l’été dernier par la Cour des comptes : celle-ci, dans son rapport rendu public le 16 juillet, avait qualifié d' »exorbitant au regard des règles d’exécution de la dépense publique » le système d’études et de sondages de la présidence de la République.

La Cour des comptes notait que l’Elysée avait passé en juin 2007 une convention avec un cabinet d’études – Publifact, dirigé par Patrick Buisson – pour « un coût avoisinant 1,5 million d’euros » sans respecter les règles de passation des marchés publics. Elle s’étonnait que ce cabinet ait facturé à l’Elysée, pour un montant de 392 288 euros, des enquêtes dont les résultats avaient été publiés par Le Figaro et LCI.

L’Elysée a communiqué à l’Assemblée nationale les factures des enquêtes commandées en 2008 et 2009. Le budget sondages pour 2008 s’est élevé à 3,281 millions d’euros. Il est évalué à 1,631 million en 2009.

RÉUNION HOULEUSE

La Commission des lois, où l’UMP est majoritaire, a estimé « non constitutionnelle » la demande des socialistes d’une commission d’enquête. Elle a invoqué le principe de la séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif, ainsi que l’article 67 de la Constitution, selon lequel le président de la République « n’est pas responsable de ses actes » durant son mandat.

La réunion de la Commission des lois a duré deux bonnes heures. Elle a été houleuse. Ella a commencé par la désignation de Thierry Mariani (UMP) comme rapporteur. Le PS avait proposé Delphine Batho, mais cette candidature a été rejetée.

Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS est venu participer aux débats, François Bayrou étant également présent. Apprenant la présence de M. Ayrault, Jean-François Copé, le président du groupe UMP, a alors également rejoint la Commission.

« C’est une décision politique grossière, qui n’est pas basée juridiquement sur quoi que ce soit. Ce sont des artifices », a réagi la socialiste Delphine Batho.

La Commission des lois s’est démarquée du gouvernement dans son appréciation de la demande du PS. La garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie avait fait savoir le 6 novembre que la commission d’enquête réclamée par le PS « n’entre pas dans le cadre défini par la Constitution ».

Elle avait mis en avant deux articles de la Constitution (51-2 et 24), selon lesquels une commission d’enquête parlementaire ne peut intervenir que pour « évaluer les politiques publiques » et « pour l’exercice des missions de contrôle et d’évaluation » du gouvernement.

La commission des lois, elle, s’appuie sur l’article 67 de la Constitution qui dit que « le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité » et qu’il « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ».

Patrick Roger (avec AFP)