Sondages de l’Elysée : les médias évitent le tribunal

Sondages de l’Elysée : les médias évitent le tribunal

Philippe Cohen – Marianne | Dimanche 7 Février 2010 à 13:01

Journal des Mariannautes. Marianne2 a rendu compte cette semaine des ennuis judiciaires provoqués par la publication de ses enquêtes sur les sondages de l’Elysée dans l’hebdomadaire et sur le site. Les Mariannautes ont mieux réagi que les confrères.

Chers Mariannautes,
Cette semaine nous n’évoquerons pas, exceptionnellement, les articles qui ont provoqué le plus de commentaires. Vous avez été très nombreux à débattre de la candidate voilée du NPA. Nombreux encore à déplorer le score flatteur de Nicolas Sarkozy dans le sondage CSA-Marianne, à critiquer l’hypothèse d’un DSK nouveau leader de l’opposition, ou encore à vous en prendre au recours au sondages à proprement parler, qui n’est pourtant pas nouveau dans notre hebdomadaire.
Non, cette semaine, nous allons nous concentrer, exceptionnellement, sur les tribulations judiciaires de Marianne qui comparaissait cette semaine à deux reprises devant la XVII° Chambre du tribunal de Paris pour enquête et plusieurs articles sur les sondages de l’Elysée publiée cet été. A cette occasion, la plupart des médias, du Monde à Libération en passant par Rue89, Mediapart, et bien d’autres, avaient repris, comme Marianne2 et Marianne, l’enquête de la Cour des Comptes. La plupart, comme les journalistes de Marianne, ont prolongé l’enquête en s’efforçant de comprendre ce que recouvraient, en terme de prestations, les factures exorbitantes, disait le rapport de la Cour des Comptes, acquittées par l’Elysée au cabinet Publifact.

La seule originalité de Marianne avait été de mettre le paquet – au total six de nos journalistes ont été assignés dans ces deux procès – sur cette enquête qui nous semblait emblématique du fonctionnement du régime sarkozyste et d’analyser en profondeur ce qui nous paraissait être une véritable machine de propagande : le triangle informationnel constitué par Publifact, Opinon Way et le Figaro. C’est sur ce thème que nous avions construit la une de Marianne du 25 juillet. Et c’est cette enquête qui s’est trouvée attaquée de façon convergente, quoique séparée, par Patrick Buisson et Publifact d’une part et Hugues Cazenave et l’Institut Opinion Way d’autre part.

Nous étions donc fondés à penser que les procès de Patrick Buisson et d’Opinion Way, qui exigeaient pour plus de 400 000 euros de dommages et intérêts, ne concernaient pas que les intérêts de Marianne. Or, que s’est-il passé devant la XVII° Chambre cette semaine ? Aucun des grands médias papier ou Internet, excepté l’express.fr, et l’AFP mardi 28 janvier, n’était présent. Même Libération, qui est pourtant assigné par Patrick Buisson pour le même type d’enquête, n’a pas jugé utile de faire un compte rendu de cette audience. Pire : Rue89 se permet, la même semaine, de donner la parole à un intellectuel qui traite Marianne de « feuille réactionnaire ».

Donc, nos confrères nous ont déçu. Leur absence n’est peut-être qu’une coïncidence : tous les journalistes sont soumis à de nombreuses sollicitations. Nous ne voulons pas croire que c’est notre habitude de critiquer régulièrement et, en général, sur le fond, nos confrères et les médias en général. La polémique publique fait partie du débat démocratique.
Ce qui est sûr en revanche c’est qu’en désertant le tribunal, nos confrères ne sont privés d’information parfois précieuses dont nous rendrons compte prochainement concernant le travail de M. Patrick Buisson et l’institut Opinion Way.

Passons. Nous avons choisi cette semaine de publier les réactions de Mariannautes qui, de leur côté, se sont montrés solidaires de nos tribulations judiciaires.
SUD OUEST : « Heureusement que la Cour des Comptes existe, malgré que ses rapports soit, semble t’il, plus consultatifs qu’exécutoire et c’est bien dommage.
Hélas, M. Philippe SEGUIN n’est plus de ce monde car il aurait très certainement hurler de voir de tels abus et l’argent foutu par les fenêtres.
Longue vie à la Cour des Comptes et à Marianne.
»
C’est aussi l’avis de Badboy : « Pourquoi lBuisson et Opinionways n’attaquent-ils pas directement la Cour des comptes, qui est à l’origine de la prétendue « diffamation »?»

Estienne préfère en rire : « Elevons le débat , voici le droit de réponse d’Opinione ouais :  » c’est pas vrai que c’est Nicolas qu’a d’mandé le sondage et pis que quand j’lai vendu à Figaro ben c’est pas pareil, et pis que Marianne y s’moque de moi, je vais le dire à la maîtresse »
Y’a plus qu’à voir si le juge vas gronder ou pas
»
Quant à Dominique de V, il ne s’est pas départi de sa sollenité habituelle : « Chère Marianne,
Faites confiance à la justice de la République.
»
Le mot de la fin pour hector le castor :

hector le castor : la vérité coûte cher

1 – s’ils ont insisté sur le côté « insultant » cela veut dire que c’est plutôt de l’injure. Une porte ne pouvant être à la fois ouverte ET fermée comme dirait Eolas, l’accusation doit choisir entre injure OU diffamation.
2 – la diffamation c’est un fait précis, qui ne laisse pas de place au doute (sinon ça serait de l’injure). Il faut que la défense n’ai aucun doute sur ce qui lui est reproché sinon elle ne serait pas en capacité de faire valoir son exception de vérité. Si le procureur indique qu’il n’y a qu’un article (sur le nombre) qui peut être mis en cause, c’est que l’accusation en a choisi trop, rendant ainsi impossible le travail de la défense. Une citation qui n’est pas assez précise ne peut pas établir une diffamation, en toute hypothèse.
3 – première idée contre intuitive : on peut dire la vérité et se retrouver devant un tribunal (si vous prouvez que c’est vrai vous serez relaxé : exception de vérité)
4 – deuxième idée contre intuitive : on peut dire des choses fausses mais s’en sortir malgré tout (exception de bonne foi)
5 -dernière idée contre intuitive : même si vous prouvez que vous avez dit la vérité, vous en serez sûrement de votre poche (frais d’avocats en milliers d’euros + temps des procédures.

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