Patrick Buisson

Wikipedia (07.01.09 – 01h04)

Patrick Buisson

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Patrick Buisson est un journaliste et politologue français, né le 19 avril 1949 à Paris. Spécialiste des études d’opinion, conseiller du président de la république Nicolas Sarkozy, il est aussi directeur général de la chaine Histoire depuis 2007.

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Biographie [modifier]

Origines et études [modifier]

Fils d’un ingénieur d’EDF engagé d’abord à l’Action française avant d’adhérer en 1947 au RPF du général de Gaulle[1], Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et de l’anticommunisme[2]. Ainsi en 1956, sa mère l’emmène manifester contre l’entrée des chars soviétiques à Budapest.

Son engagement politique débute au lycée où, marqué par la guerre d’Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l’OAS[1]. Étudiant en histoire à l’université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il est titulaire d’une licence d’histoire et d’une maîtrise de lettres en 1971. Sous la direction de Girardet, il rédige un mémoire de maîtrise sur le mouvement Algérie française. Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s’oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d’Alain Renault[2].

Journaliste politique [modifier]

Plus analyste que militant poliitique, Buisson s’éloigne de la politique active dès la fin de ses études et, après quelques années d’enseignement, se tourne vers le journalisme : Minute (19811987) dont il devient le correspondant à l’Assemblée nationale puis pendant un an le directeur de rédaction, le Crapouillot, puis Valeurs actuelles, qu’il dirigera pendant six ans avant d’entrer à LCI[1].

En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l’Occident et ancien secretaire général du Parti des forces nouvelles, OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, livre préfacé par Pierre Sergent, l’un des dirigeants de l’organisation.

Lorsqu’il dirige Minute de 1986 à 1987, il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites[1], déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c’est la droite. Souvent, c’est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres »[3]. Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l’essentiel d’anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l’évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d’anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste »[1]. Remercié de Minute, il devient directeur de la rédaction générale de Valeurs Actuelles en 1987[2].

Conseiller politique [modifier]

Après 15 ans de presse écrite, il s’oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l’aile droite du RPR par l’affirmation du souverainisme. À la tête de sa société Publifact, il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou[2]. Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l’ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro. Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l’opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100% Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003 puis de Questions qui fâchent (à partir de 2005). Entre 2005 et 2007, il co-anime ensuite l’émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l’émission Questions qui fâchent avec Michel Field.

Patrick Buisson aurait joué un rôle important dans les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l’Identité nationale [et de l’immigration][4]. Ainsi, ayant prédit la victoire du « non » à 55% au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché par Nicolas Sarkozy en 2005, alors ministre de l’Intérieur, qui en fait un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d’Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne[2]. Catholique traditionnel, méfiant envers les élites et connaisseur des classes populaires[réf. nécessaire], Patrick Buisson considère[réf. nécessaire] que le peuple aime les hommes d’État volontaires, et aide le candidat à convaincre l’électorat populaire et conservateur séduit par le Front national, sans craindre les transgressions médiatiques. On lui donne ainsi la paternité du ministère de l’identité nationale, et un rôle important dans la gestion des incidents de la gare du Nord ainsi que dans l’évocation des racines chrétiennes de l’Europe lors de la campagne présidentielle[3].

Sans poste officiel à l’Élysée, à sa demande, suite à l’élection de Nicolas Sarkozy, il demeure cependant un collaborateur très écouté, et quitte l’antenne de LCI[5]. À la tête du cabinet Publifact, il a facturé en 2008 à l’Élysée un total de 130 autres factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d’euros pour l’année 2008[6]. Le 23 juillet le PS demande la création d’une commission d’enquête.[7]

Décoré par le président de la République de la Légion d’honneur le 24 septembre 2007, il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100% par le groupe TF1) depuis octobre 2007[8]. Selon le journal Le Monde, c’est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaine Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du Ministère de la culture[9].

Bibliographie [modifier]

  • Sacha et ses femmes (Albin Michel).
  • Avec le Temps sur Léo Ferré en collaboration avec Hubert Grooteclaes (Éditions du Chêne).
  • Le Livre de la Mémoire en collaboration avec Jean Tulard.
  • Philippe de Villiers ou la politique autrement.
  • OAS, Histoire de la résistance française en Algérie avec Pascal Gauchon Ed. Jeune Pied-Noir – BP 4 – 91570 Bièvres (1981).
  • 1940-1945 : années érotiques, tome 1 : Vichy ou les infortunes de la vertu, Albin Michel, EAN13 9782226183941
  • 1940-1945 : années érotiques, tome 2 : De la Grande Prostituée à la revanche des mâles, Albin Michel, EAN13 9782226186881
  • La Grande Guerre, 1914-1918 avec Jean-Pascal Soudagne, préface de Max Gallo, photographies de l’Ecpad (médiathèque du ministère de la Défense) XO Éditions, la chaîne Histoire, «Le Figaro Magazine», Ecpad, RTL, 351 p.
  • avec Alain Renault (dir.), L’Album Le Pen, Écully, Intervalles, 1984. (ISBN 2-905409-01-0).
  • La Guerre d’Algérie 1954-1962, avec Hélie Denoix De Saint Marc, préface de Michel Déon (avec DVD), Albin Michel, 2009 (ISBN 222618175X)

La Guerre d’Algérie 1954-1962 [modifier]

Le livre La Guerre d’Algérie 1954-1962 a fait l’objet d’une polémique à sa sorite en 2009. Il lui a été reproché par plusieurs spécialistes de la guerre d’Algérie de ne présenter que le point de vue du colonisateur et de l’Armée française. [10]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c, d et e Carole Barjon, « Patrick Buisson : le stratège de l’ombre [archive] », Le Nouvel Obs, 20 novembre 2008
  2. a, b, c, d et e Raphaëlle Bacqué, « Patrick Buisson, l’hémisphère droit de Sarkozy [archive] », Le Monde, 2 octobre 2008
  3. a et b Éric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne, « Patrick Buisson, le conseiller en transgression de Sarkozy », L’Express, 25 septembre 2008
  4. Guerre d’Algérie et “identité nationale” [archive], Ldh-toulon.net, le mercredi 18 novembre 2009. Consulté le jeudi 19 novembre 2009
  5. Anna Bitton « Patrick Buisson – L’oracle de Nicolas Sarkozy », Le Point no1846, 31 janvier 2008
  6. Antoine Guiral et Lilian Alemagna, « Les sondages très controversés du conseiller de l’Elysée [archive] », Libération, 18 juillet 2009
  7. Le Canard Enchaîné, mercredi 4 novembre 2009, page 2.
  8. Le Canard Enchaîné, 25 juin 2008.
  9. Béatrice Jérome, « Comment Patrick Buisson a fait financer la chaîne Histoire [archive] », Le Monde, 28 juillet 2009
  10. L’Algérie que rêvait l’armée française, par Gilbert Meynier et al., Le Monde, 22 décembre 2009 [archive]

Voir aussi [modifier]

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Buisson ».
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