Opinion Way devient Opinion War !

Marianne2

Opinion Way devient Opinion War !

Régis Soubrouillard | Mercredi 5 Décembre 2007 à 00:04

Dernier arrivé dans le secteur très concurrentiel des instituts de sondage, Opinion Way fait l’objet d’attaques virulentes concernant ses méthodes et sa proximité avec le pouvoir. Les responsables d’Opinion Way contre-attaquent.

On connaissait le « sondage sortie des urnes », Opinion Way a inventé le sondage « sorti du clic ». Outre ses méthodes, souvent contestées, l’institut est également critiqué pour son engagement politique. Qualifié d’Institut « low cost », voire « sarko dépendant », Opinion Way se dit victime d’une cabale.
« C’est complètement injuste » se défend Hugues Cazenave, fondateur du groupe. « Nous sommes un petit institut, indépendant donc on nous attaque et je vous avoue qu’on en a marre ! On a décidé de contre-attaquer. Évidemment nous avons beaucoup travaillé pour Le Figaro, LCI, l’UMP mais les études politiques représentent 8% de notre activité. Quant à notre travail avec Le Figaro c’est moins de 10% des études politiques. C’est epsilonesque ! Et je ne vais pas refuser des clients. Expliquez-moi quel intérêt j’aurais commercialement à ne me tourner que vers des clients orientés politiquement ? Ce serait suicidaire ».

Giacometti à l’Elysée ?
Par ailleurs Hugues Cazenave se montre relativement virulent avec ceux qu’il appelle « ses petits camarades », à savoir ses confrères et autres concurrents : « Ce n’est un secret pour personne, tous les instituts travaillent avec le gouvernement ou l’Elysée. Sarkozy est un gros consommateur d’études. Donc dire que nous serions « Sarko-dépendants » est complètement diffamatoire ».
Un point difficilement contestable tant la proximité des pontes du secteur avec la gente politique est largement avérée. Et certains se rapprochent même des cercles du pouvoir plus rapidement qu’on ne le croit. Ainsi, il se murmure que le PDG de l’institut Ipsos, Pierre Giacometti, pourrait rejoindre l’Elysée au poste de conseiller opinion du Prince. L’intéressé ne dément pas ce qui n’est encore qu’une rumeur : « Aujourd’hui je suis toujours chez Ipsos, et ce n’est pas d’actualité même si rien n’est à écarter ».
Outre ses accointances présumées avec le pouvoir, Opinion Way est également souvent l’objet d’attaques sur ses méthodes de travail. Notamment la multiplication des études en ligne aux résultats fracassants…et souvent en accord avec la ligne politique du média commanditaire : lors des grèves récentes contres la suppression des régimes spéciaux, aucune question sur les enjeux sociaux des grèves, tous les sondages portaient sur la gêne aux usagers et la fermeté du gouvernement.

Panel Sarko-représentatif

Même chose lors des interventions télévisées du président de la République : Le Figaro publie systématiquement sur son site internet un sondage Opinion Way en appui de l’intervention. Les études en ligne ne sont d’ailleurs pas réalisées sur un échantillon dit représentatif mais sur un panel d’internautes ayant regardé le président de la République : « De fait, les gens de droite sont surreprésentés dans ces échantillons » admet Hugues Cazenave qui reconnaît certaines limites méthodologiques : « Evidemment, c’est Le Figaro qui nous commande les questions et c’est un journal qui a une orientation politique de même que Marianne. Mais je ne comprends pas pourquoi nous serions les seuls bouc émissaires. Par exemple, je peux vous dire que pendant les grèves, CSA a réalisé une enquête pour l’Humanité. Les résultats n’étaient pas favorables au mouvement, et l’Huma a choisi de ne pas publier le sondage ».

Stéphane Rozès, responsable de la cellule Opinion chez CSA n’a pas souhaité réagir directement à cette mise en cause : « c’est une position de défense. Je ne veux mettre en cause aucun institut. Je peux simplement vous dire sur un plan général que la perception d’un mouvement social par l’opinion ne se réduit pas à trois ou quatre questions et que CSA ne recourt pas, pour l’heure, à des études par Internet ». Ambiance…

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