L’Algérie que rêvait l’armée française, par Gilbert Meynier…

Point de vue

L’Algérie que rêvait l’armée française, par Gilbert Meynier…

LEMONDE.FR | 22.12.09 | 11h56  •  Mis à jour le 22.12.09 | 12h08

L’Histoire s’écrit en confrontant des documents d’origine différente, et Patrick Buisson n’avait pas l’intention de faire œuvre d’histoire en publiant ce luxueux album où il ne montre que les photos prises par le Service photographique des armées durant la guerre d’indépendance algérienne. Que dirait-on d’un ouvrage consacré à cette guerre qui serait illustré uniquement avec les photos du FLN (Front de libération nationale) ? Qu’il s’agirait d’apologie, non d’histoire. Rien dans le titre très général ne dit qu’il s’agit d’une vision unilatérale, mais cela était sans doute inutile : l’armée se raconte l’Algérie qu’elle a rêvée, et fait encore post bellum rêver l’auteur. L’album est un bréviaire de l’esthétisme légionnaire/para. Les plaies du système colonial – extorsion de biens par la force et autres crimes, racisme structurel, œuvre scolaire dérisoire… – sont ignorées, la violence est attribuée au seul FLN. Les légendes des photos sont autant de poncifs, non des outils de réflexion. Les « autochtones » n’ont belle figure que sous la tutelle de la France. Face à la terreur que font régner les wilâya(s), « le glaive et la truelle » des SAS : main droite répressive et main gauche humanitaire, scoutisme dérisoirement tardif, à contretemps de l’Histoire en cours. Le mai 1958 de l’Algérie française est célébré pour les « fraternisations du forum », mais sur la photo du 16 mai 1958, les Algériens sont fermés et inquiets.

L’ange gardien parti, c’est en 1962 « l’horreur généralisée ». « On rembarque la casquette du ‘père Bugeaud’ et avec elle cent trente ans de présence française (…) pour le meilleur et pour le pire ». Dès que le FLN a gagné, l’« apocalypse » de 1962 change radicalement l’Algérie : ce pays dont les photos militaires faisaient un paradis au ciel bleu et au soleil permanent ne découvre la neige, la pluie, le froid, qu’au chapitre 13 (« La France perd la paix ») : le temps a changé lorsque les Français sont partis. C’est peu subtil, mais à l’unisson des grosses astuces de l’album. Les occasions manquées sont oubliées, pas un mot sur la conférence franco-maghrébine de Tunis que l’interception de l’avion de quatre dirigeants du FLN le 22 octobre 1956 fit avorter. L’armée ignorait cet art du possible qu’est la politique, elle voulait mater. Et de Gaulle, renieur des « promesses tenues », se lance dans l’autodétermination au moment où la France gagne la guerre ; d’où l’inévitable « vide moral et idéologique » de « la France de l’Hexagone ».

L’album oppose en catégories tranchées eux et nous. Eux sont les fellaghas, les assassins. Seule la violence des Algériens est mentionnée, on signale les victimes européennes, jamais les morts et blessés « autochtones », cependant bien plus nombreux. Page 111, un « rebelle », accompagné de guerriers en tenue léopard, est debout, les mains ligotées derrière le dos, attaché par un licol à la ceinture du soldat qui le surveille comme un animal en laisse. Les pages suivantes montrent de vaillants blessés, magnifiquement soignés, un mort auquel on rend les honneurs : les chevaliers contre des animaux. Erreur de jugement ? Non, grosse ficelle : l’album ne montre qu’une splendide armée, équipée des moyens les plus modernes, jeune, combative, une armée de gagneurs. Face à Massu, et surtout Bigeard, héros omniprésents, sur plus de 400 photos, seulement deux responsables algériens – le chef historique Ben Bella et Yacef Saadi –, bien sûr après leur arrestation. Le lecteur ne saura rien ni des combattants de l’ALN (Armée de libération nationale), ni des vrais politiques du FLN. Côté français, la seule photo de pleine page que le livre propose du général de Gaulle est la plus laide qu’on puisse choisir.

Le livre réitère le poncif sur les accords d’Evian qui n’ont pas été appliqués, sans dire que les politiques du FLN qui les avaient conclus et voulaient les appliquer ont été chassés du pouvoir à l’été 1962 par l’appareil militaire de l’armée des frontières dirigée par Boumediène. La « question cruciale » que pose l’auteur – « Que pense, que veut la population musulmane » ? – est l’aveu implicite d’une ignorance logique puisque l’armée ne photographie qu’elle-même. L’auteur refuse « ‘l’inéluctabilisme’, (…) péché des historiens », mais reconnaît que « les possibles de l’Algérie étaient en nombre réduit et la ‘pacification-intégration’ sans doute le moins probable de tous ». Alors pourquoi ce livre s’il est établi que les non-civilisés refusèrent de se faire civiliser ?

L’album de Buisson a sa place dans la campagne visant à exalter « l’identité nationale » : coédité par Albin Michel, la chaîne Histoire, le ministère de la défense – l’Etat –, recommandé sur le site du secrétariat d’Etat aux anciens combattants – encore l’Etat –, il s’inscrit dans la privatisation publique. Son esthétisme colonial-guerrier à sens unique vise à décourager la réflexion sur la dimension historique de la colonisation et les causes de son échec.

Omar Carlier est professeur à l’université Paris-VII – Denis-Diderot. Auteur notamment d' »Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes algériens », Paris, Presses de la Fondation des sciences politiques, 1995, 443 p.

Michel Cornaton est professeur émérite de l’université Lyon-II-Lumière, directeur de la revue « Le Croquant ». Auteur notamment de « Les Camps de regroupement de la guerre d’Algérie », réédit. L’Harmattan, 1998, 304 p.

Mohammed Harbi est ancien enseignant à l’université Paris-VIII, ancien professeur à l’université Paris-VII. Auteur notamment de « L’Algérie et son destin. Croyants et citoyens », Paris, Arcantère, 1992, 247 p.

Jean-Charles Jauffret est professeur des universités, Institut de sciences politiques d’Aix-en-Provence, directeur du master de recherches Histoire militaire comparée, géostratégie, défense et sécurité. Auteur notamment de « Ces officiers qui ont dit non à la torture. Algérie 1954-1962 », Paris, Autrement, 2005, 174 p., et « Alger », Chihab Edit., 2007.

Gilbert Meynier est professeur émérite de l’université Nancy-II, ex-enseignant à l’université de Constantine. Auteur notamment de « Histoire intérieure du FLN 1954-1962 », Paris, Fayard, 2002, 812 p. (réédit. 2004), et « Alger, Casbah », 2003.

André Nouschi est professeur honoraire de l’université de Nice, ex-enseignant aux universités de Tunis  et de Binghamton (Etats-Unis), fondateur du Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine (Nice). Auteur notamment de « L’Algérie amère : 1914-1994 », Paris, Edit. de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 1995, 349 p.

Pierre Sorlin est professeur émérite de l’université Paris-III – Sorbonne-Nouvelle. Auteur notamment d' »Esthétique de l’audiovisuel », Paris, Nathan, 1992, 223 p.

Communiqué de l’AECSP : La science politique chassée sur ses terres !

COMMUNIQUE DE L’AECSP

La science politique chassée sur ses terres !

Alain Garrigou, professeur de science politique à l’Université Paris X Nanterre, spécialiste de sociologie électorale, vient de se voir assigné pour diffamation publique par l’un des conseillers politiques de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson. Ce dernier lui reproche d’avoir tenu des propos diffamants qu’un journaliste du quotidien Libération a rapporté dans un article daté du 6 novembre 2009 consacré aux relations entre l’Elysée, la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson, et l’entreprise de sondage OpinionWay. Cette plainte, qui a pour but de fragiliser financièrement notre collègue, est scandaleuse et particulièrement inquiétante. En effet, Patrick Buisson, qui s’autoproclame « politologue », en usant du droit d’ester en justice attente à la liberté de pensée et de recherche d’un professeur d’université reconnu, lui, par ses pairs spécialistes de science politique . Il s’agit purement et simplement d’intimidation visant à interdire à un spécialiste de la vie politique de continuer d’explorer avec rigueur et méthode le terrain de recherche que constituent la fabrique et l’interprétation des sondages dans notre démocratie. Par cette pression judiciaire, en fait, Alain Garrigou se voit dénié le droit de faire son métier de scientifique.

L’Association des Enseignants et Chercheurs de Science Politique (AECSP) est indignée de voir les travaux des scientifiques mis en question par des professionnels de la politique. Elle s’inquiète du danger que représentent les pressions des entreprises commerciales de sondage à l’encontre de ceux dont la vocation est de les observer et, si nécessaire, de rappeler ce que sont les règles élémentaires de la méthodologie.

L’AECSP appelle tous les politistes et tous les chercheurs français et internationaux à soutenir leur collègue Alain Garrigou.

Le Bureau de l’AECSP

Association des Enseignants et Chercheurs de Science Politique

Des usages des sondages en République

AGORA / sciences sociales

Des usages des sondages en République

Date décembre 18, 2009

L’Observatoire des sondages assure une veille scientifique -et serait-on tenté d’ajouter civique- sur la manière dont les sondages sont conçus, passés et utilisés dans l’espace public. Parmi ses préoccupations, les développements qui ont suivi le rapport de la Cour des Comptes du 16 juillet 2009 concernant les finances de la Présidence de la République. L’addiction sondagière du Chef de l’Etat était ainsi confirmée, mais était également révélée les montant exorbitants facturés à ce dernier par la société Publifact appartenant à l’un des conseillers de M.Sarkozy, Patrick Buisson.

Si les médias – Canard enchaîné excepté- ont été “curieusement” peu enclins à suivre les prolongements de ce dossier, le quotidien Libération a cependant publié une tribune d’Alain Garrigou, membre de la rédaction et du Comité scientifique de  l’Observatoire des sondages au côté de chercheurs reconnus  dans ce domaine comme Patrick Champagne, Daniel Gaxie, Bernard Lacroix et Patrick Lehingue ,  le 6 novembre dernier mettant en cause M.Buisson et sa société,  lequel a rétorqué une semaine plus tard en déposant une plainte pour diffamation contre le politiste et le journal.

L’ensemble de cette affaire, que l’Observatoire des sondages a baptisée “Opiniongate” est récapitulée en quatorze épisodes -pour l’heure- sur le site de ce dernier.

Au-delà de l’affaire politique au sens étroit du terme se joue une certaine orientation des sciences sociales, que met bien en évidence un communiqué de l’Observatoire du 7 décembre dernier- encore une fois “curieusement” peu répercuté, et que nous reproduisons ci-dessous.

Sondages et sciences sociales

“En révélant la diversité des sondages et l’importance des sommes dépensées, la Cour des comptes a confirmé l’addiction de l’hôte de l’Elysée. Pris en faute, les budgets ont été transférés vers le SIG, dépendant de Matignon, mais dirigé par un publicitaire proche du Président. Il n’est pas nécessaire de faire un dessin. S’il est des enseignants qui pourraient se féliciter de cette sondophrénie, ce sont les enseignants de SES (sciences économiques et sociales) qui forment leurs étudiants aux méthodes d’enquêtes scientifiques, sociologiques et statistiques. Ils acquièrent dans cette filière une compétence nécessaire à la maîtrise de ces outils de connaissance de la société et de gestion politique. Comment ne pas s’étonner alors des attaques menées par le gouvernement contre les SES ? Est-il absurde de relier la consommation effrénée de sondages par L’Elysée et la relégation programmée des savoirs sur la société ?

On ne saurait s’abuser : autant le pouvoir aime les sondages autant il déteste la compétence scientifique. Il ne s’agit pas d’apprendre mais de manipuler et on ne manipule jamais mieux que des cerveaux ignorants et dociles. Il faut mettre au même rang le projet de supprimer l’histoire en terminales. Qu’étudiera-t-on dans les lycées ? Du management et du marketing. Avec des études de marché et des sondages bidons. Et un public interdit devant le déluge de chiffres et de pourcentages.”

Source : http://agora.hypotheses.org/2009/12/18/de-lusage-des-sondages-en-republique/

Caisse d’Assistance aux Chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (CAC-SHS)

Message du 18 Dec 2009 16:20 sur le forum national de la science politique (2500 abonnés) , forum géré par l’Association nationale des candidats aux métiers de la science politique (ANCMSP)

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Bonjour,

Les attaques contre des chercheurs en SHS se multiplient ses derniers temps et il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête. Force est de constater en outre qu’elles ciblent particulièrement et logiquement ceux qui travaillent sur des objets politiques d’une manière générale et sur les sujets gênants pour les pouvoirs en place en particulier. De ce fait la science politique et plus largement les sciences humaines et sociales touchant au politique sont particulièrement concernées par cette tendance. Il me semble qu’il serait légitime que les trois associations AECSP, AFSP, ANCMSP prennent une initiative publique à ce sujet.

Une solution leur évitant d’avoir à expertiser et à prendre position sur le fond de chaque dossier pourrait être d’initier la création d’une Caisse d’Assistance aux Chercheurs en Sciences Humaines et Sociales (CAC-SHS) sous la forme d’une association loi 1901 réunissant un ensemble d’organisations professionnelles, scientifiques, syndicales acceptant d’adhérer à cette association en payant une cotisation annuelle de plusieurs milliers d’Euros qui alimenterait un budget consacré exclusivement et sous contrôles juridiques appropriés (commissaires aux comptes, avocats, experts…) à la prise en charge des frais de justices des chercheurs de toutes catégories attaqués en justice en raison de publications, dans les supports scientifique ou dans les mass-médias, se rapportant à leurs domaines de spécialité scientifique.

Cette prise en charge juridique n’aurait nul besoin d’impliquer un jugement de la dite CAC-SHS sur le fond de chaque dossier mais seulement d’offrir un service d’assistance judiciaire, de type mutualiste, aux chercheurs et de réduire ainsi la charge à la fois psychologique et financière qui pèse sur chaque personne concernée dans la phase antérieure aux procès. Le règlement de la dite association pourrait inclure un dispositif de partage des frais entre la personne concernée et l’association en cas de condamnation effective.

L’adhésion pourrait être ouverte aux institutions (ex : les universités de SHS, les associations professionnelles, les sociétés savantes, les syndicats de chercheurs, etc…) voir même à toute organisation publique ou privée souhaitant soutenir la démarche (confédérations syndicales, partis politiques, fondations privées, entreprises de presse, etc.) et aux particuliers (avec une cotisation symbolique).

Bien cordialement,

Jérôme Valluy

Opinion Way devient Opinion War !

Marianne2

Opinion Way devient Opinion War !

Régis Soubrouillard | Mercredi 5 Décembre 2007 à 00:04

Dernier arrivé dans le secteur très concurrentiel des instituts de sondage, Opinion Way fait l’objet d’attaques virulentes concernant ses méthodes et sa proximité avec le pouvoir. Les responsables d’Opinion Way contre-attaquent.

On connaissait le « sondage sortie des urnes », Opinion Way a inventé le sondage « sorti du clic ». Outre ses méthodes, souvent contestées, l’institut est également critiqué pour son engagement politique. Qualifié d’Institut « low cost », voire « sarko dépendant », Opinion Way se dit victime d’une cabale.
« C’est complètement injuste » se défend Hugues Cazenave, fondateur du groupe. « Nous sommes un petit institut, indépendant donc on nous attaque et je vous avoue qu’on en a marre ! On a décidé de contre-attaquer. Évidemment nous avons beaucoup travaillé pour Le Figaro, LCI, l’UMP mais les études politiques représentent 8% de notre activité. Quant à notre travail avec Le Figaro c’est moins de 10% des études politiques. C’est epsilonesque ! Et je ne vais pas refuser des clients. Expliquez-moi quel intérêt j’aurais commercialement à ne me tourner que vers des clients orientés politiquement ? Ce serait suicidaire ».

Giacometti à l’Elysée ?
Par ailleurs Hugues Cazenave se montre relativement virulent avec ceux qu’il appelle « ses petits camarades », à savoir ses confrères et autres concurrents : « Ce n’est un secret pour personne, tous les instituts travaillent avec le gouvernement ou l’Elysée. Sarkozy est un gros consommateur d’études. Donc dire que nous serions « Sarko-dépendants » est complètement diffamatoire ».
Un point difficilement contestable tant la proximité des pontes du secteur avec la gente politique est largement avérée. Et certains se rapprochent même des cercles du pouvoir plus rapidement qu’on ne le croit. Ainsi, il se murmure que le PDG de l’institut Ipsos, Pierre Giacometti, pourrait rejoindre l’Elysée au poste de conseiller opinion du Prince. L’intéressé ne dément pas ce qui n’est encore qu’une rumeur : « Aujourd’hui je suis toujours chez Ipsos, et ce n’est pas d’actualité même si rien n’est à écarter ».
Outre ses accointances présumées avec le pouvoir, Opinion Way est également souvent l’objet d’attaques sur ses méthodes de travail. Notamment la multiplication des études en ligne aux résultats fracassants…et souvent en accord avec la ligne politique du média commanditaire : lors des grèves récentes contres la suppression des régimes spéciaux, aucune question sur les enjeux sociaux des grèves, tous les sondages portaient sur la gêne aux usagers et la fermeté du gouvernement.

Panel Sarko-représentatif

Même chose lors des interventions télévisées du président de la République : Le Figaro publie systématiquement sur son site internet un sondage Opinion Way en appui de l’intervention. Les études en ligne ne sont d’ailleurs pas réalisées sur un échantillon dit représentatif mais sur un panel d’internautes ayant regardé le président de la République : « De fait, les gens de droite sont surreprésentés dans ces échantillons » admet Hugues Cazenave qui reconnaît certaines limites méthodologiques : « Evidemment, c’est Le Figaro qui nous commande les questions et c’est un journal qui a une orientation politique de même que Marianne. Mais je ne comprends pas pourquoi nous serions les seuls bouc émissaires. Par exemple, je peux vous dire que pendant les grèves, CSA a réalisé une enquête pour l’Humanité. Les résultats n’étaient pas favorables au mouvement, et l’Huma a choisi de ne pas publier le sondage ».

Stéphane Rozès, responsable de la cellule Opinion chez CSA n’a pas souhaité réagir directement à cette mise en cause : « c’est une position de défense. Je ne veux mettre en cause aucun institut. Je peux simplement vous dire sur un plan général que la perception d’un mouvement social par l’opinion ne se réduit pas à trois ou quatre questions et que CSA ne recourt pas, pour l’heure, à des études par Internet ». Ambiance…