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Politiques 06/11/2009 à 00h00

Marketing

EDITORIAL

Par LAURENT JOFFRIN

On dit parfois que les sondages ne sont pas fiables. Ce n’est certainement pas l’avis de Nicolas Sarkozy. En 2008, selon les chiffres rendus publics par la présidence – louable effort de transparence -, l’Elysée a consacré aux enquêtes d’opinion une somme d’environ 3 millions d’euros. Un calcul sommaire permet ainsi d’évaluer la fréquence de cette auscultation à… un sondage par jour ouvrable !

Ce chiffre éclaire la méthode politique qui prévaut au sommet de l’Etat. Bien sûr, d’autres gouvernements ont aussi fondé leur action sur la consultation permanente de l’opinion. Au demeurant, il n’est pas illogique pour un pouvoir de chercher à mieux présenter sa politique. En démocratie, l’avis du peuple compte ; il faut s’en soucier. Mais cette fièvre sondagière chronique devient contestable quand elle débouche sur un mode de gouvernement d’abord fondé sur la communication. L’activisme sarkozien n’est pas seulement l’effet d’un caractère effervescent. Il est surtout le produit d’un pilotage de l’opinion en temps réel, qui consiste à modeler sa politique, ses déclarations, ses voyages, ses gestes symboliques sur l’état de l’opinion, comme dans une vaste opération de marketing. Ainsi le sarkozysme n’est pas tant une idéologie qu’une méthode de vente, réfléchie et sophistiquée, ajustée au jour le jour dans un carrousel permanent d’interventions médiatiques, de petites phrases et d’images mises en scène. Une seule consolation : à en juger par le nombre de couacs émanant de la sarkozie, cette savante méthode n’a pourtant rien d’une science exacte.

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