Exclusif: Buisson réalise 50% de marge brute sur les sondages!

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Exclusif: Buisson réalise 50% de marge brute sur les sondages!

Philippe Cohen – Marianne | Mercredi 22 Juillet 2009 à 06:01

Sur les 392 000 euros facturés par Publifact, le cabinet de Patrick Buisson à l’Elysée, à peine la moitié a servi à rémunérer les prestations d’Opinion Way. Explication.

Exclusif: Buisson réalise 50% de marge brute sur les sondages!
La note de la Cour des Comptes qui a déclenché la polémique sur les sondages de l’Elysée évoquait une facturation de 392 000 euros adressée par un cabinet au titre des enquêtes de l’institut Opinion Way.
De quelles prestations s’agit-il ? L’institut Opinion Way a réalisé en 2008 une trentaine de sondages par Internet autour de questions d’actualité, celles-ci étant débattu avec les commanditaires, le Figaro et LCI. A ce noyau d’études se greffent des questions complémentaires, en principe confidentielles commandées, elles, on le sait maintenant, par Publifact, le cabinet de Patrick Buisson missionné par l’Elysée, ainsi que des demandes de « tris croisés » (ventilations des questions avec les caractères des répondants : âge, région, professions, etc, ou bien tris croisés de questions du genre « ceux qui votent pour tel candidats sont aussi des moins de trente ans habitant l’ouest de la France).
Nous sommes aujourd’hui en mesure de décomposer le montant des facturations de l’ensemble de ces prestations :
–    Opinion Way a facturé Publifact de 190 000 euros soit moins de la moitié des 392 000 euros recensés par la Cour des Comptes ;
–    Opinion Way a facturé 50 000 euros le Figaro et LCI pour le Politoscope.

On voit donc bien que la contribution de l’Elysée, via Publifact, à ce budget, est décisive puisqu’elle représente les trois-quart des recettes générées par cette étude. La faible contribution des médias pose une autre question : cette étude, à 1600 euros pièces pour plusieurs questions, serait-elle rentable économiquement pour l’institut s’il n’y avait pas de contribution complémentaire de l’Elysée ? On en doute. Les dirigeants d’Opinion Way répondent que oui, arguant de ce que le coût des études a beaucoup baissé avec l’utilisation d’Internet. Ils ajoutent que les autres instituts pratiquent le même type de montage, au travers des questionnaires dits « omnibus ».
Mais ces chiffres délivrent un autre message : les profits considérables du cabinet Buisson puisque Publifact semble facturer le double de la prestation de l’institut de sondage. Certes, Publifact apporte l’immense contribution intellectuelle de son patron Patrick Buisson. Mais on arrive quand même à 6000 euros l’analyse du Politoscope quasi-hebdomadaire, augmentée de ses enrichissements (tris croisés et questions complémentaires). Sans compter que les 1,1 millions d’euros facturés par ailleurs par Publifact à l’Elysée, une fois déduites, bien sûr, les prestations facturées par d’autres instituts qu’Opinion Way, auxquels la Cour des Comptes fait référence sans les nommer. Voilà un beau métier. A moins qu’il ne s’agisse simplement de récompenser le patron de Publifact pour ses services rendus et à venir.

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Note de la rédaction de Marianne2

Dès vendredi 17 juillet à 1h30, le site Marianne2 mettait en ligne un article affirmant que Patrick Buisson avait toutes les chances d’être le commanditaire des sondages réalisé pour le compte de l’Elysée. Seul le site Arrêt sur Images avait, avant Mariane2, évoqué le nom de Patrick Buisson avec celui de Pierre Giacometti. Ce n’est que dans la journée de vendredi puis samedi que l’ensemble des médias a repris et développé cette information.
Pourtant dans la plupart des médias, l’affaire Buisson est devenu le scoop de Mediapart et de Libération, qui n’avait pourtant pas du tout relevé le problème dans son édition de vendredi. Ce n’est pas la première fois : nos concurrents semblent avoir pris le parti d’ignorer notre travail. Nous savons bien que ces question de préséances n’ont que peu d’importance pour les lecteurs. Ceux de Marianne2 savent à quoi s’en tenir. Ils savent aussi que, si nous avons souvent la dent dure contre les médias, nous ne ratons que rarement une occasion de citer nos confrères et concurrents. Non seulement parce que sur Internet les liens renforcent l’audience du site qui les publie. Mais aussi parce que citer un confrère qui trouve une info fait partie des bons usages du métier.  Dommage qu’ils soient si peu respectés quand il s’agit de Marianne (et en l’occurrence d’Arrêt sur Images).
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