OpinionWay fait payer la droite… pour se payer la gauche !

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OpinionWay fait payer la droite… pour se payer la gauche !

Sylvain Lapoix – Marianne | Lundi 20 Juillet 2009 à 18:13

Face au scandale des sondages commandés par l’Elysée publiés dans Le Figaro et LCI, l’institut OpinionWay met en avant des «cautions» de gauche pour qui elle travaille, Bakchich et l’institut Terra Nova… à qui elle offre en vérité des sondages !

Capture : opinion-way.com

Capture : opinion-way.com
Comme il le clamait dans une communiqué publié en une de son site, OpinionWay est bien un sondeur impartial : qu’ils soient de droite, comme Le Figaro, ou étiquetés à gauche, comme Bakchich.info, l’institut réalise des sondages sans discrimination politique. Seule petite différence : les institutions de gauche n’ont pas à payer ! Ainsi, le-dit site Bakchich a publié depuis décembre 2008 quatre sondages sur le taux de confiance dans les représentants de l’exécutif, la côte de sympathie de Jacques Chirac, l’opinion des Français sur l’avenir de Rachida Dati au ministère de la Justice et un sondage sur l’Europe.
L’article sur Dati, titré initialement «Une majorité de Français plébiscitent Rachida Dati» qavait déchaîné les passions des lecteurs de Bakchichinfo, furieux de la compromission avec cet institut très décrié. Au point que le rédacteur en chef du site, Xavier Monnier, s’était trouvé obligé de justifier ce qu’il appelait une «jolie idée», ne faisant que jeter de l’huile sur le feu dont bouillonnait notamment le blog Sabotage.

Mais Bakchich n’a pas guère les moyens de payer les sondages au prix du marché… «Comme j’avais confiance en Denis Pingaud (NdR : ancien du cabinet de Laurent Fabius et vice-président de l’institut), j’ai accepté d’acheter ces enquêtes à un prix très symbolique, a déclaré Nicolas Beau, patron du site, à Marianne2.fr. Les questions des quatre sondage ont été élaborées par l’équipe de la rédaction de Bakchich. OpinionWay a scrupuleusement respecté les questions posées.» Principal intérêt pour Opinion Way : montrer que l’institut ne travaille pas qu’avec des médias possédés par des amis du Président comme TF1 ou le Figaro.

Terra Nova : le directeur des études d’OpinionWay est membre-fondateur

OpinionWay fait payer la droite... pour se payer la gauche !
Autre «caution» mise en avant : la fondation progressiste Terra Nova. A l’occasion des débats mensuels «Points de vue», où il confronte, en partenariat avec le Nouvel Observateur, deux personnalités politiques, le think tank publie systématiquement des sondages OpinionWay sur des thèmes d’actu. La facture ? «Nous fonctionnons sur le mode du mécénat : ces sondages sont une contribution en nature, explique Olivier Ferrand, directeur de la fondation. On n’est pas Rothschild : nous n’avons pas les moyens de nous payer quoique ce soit !» Encore une belle générosité d’OpinionWay pour ses «clients» de gauche.

«Très content» de cette collaboration, Olivier Ferrand explique qu’il commande à l’institut de sondage une étude en livrant le sujet pour laisser OpinionWay «apporter son expertise» pour formuler des questions tel que «Pensez-vous qu’il faudra plus ou moins d’Europe ?», «Les primaires sont-elles une solution aux maux de la gauche ?», etc. Et le directeur de la fondation d’ajouter : «il y a bien des hommes de gauche chez OpinionWay : Bruno Jeambar, directeur des études politiques, est membre fondateur de Terra Nova.»

Lire nos autres articles sur OpinionWay.

Note de la rédaction de Marianne2

Dès vendredi 17 juillet à 1h30, le site Marianne2 mettait en ligne un article affirmant que Patrick Buisson avait toutes les chances d’être le commanditaire des sondages réalisé pour le compte de l’Elysée. Seul le site Arrêt sur Images avait, avant Mariane2, évoqué le nom de Patrick Buisson avec celui de Pierre Giacometti. Ce n’est que dans la journée de vendredi puis samedi que l’ensemble des médias a repris et développé cette information.
Pourtant dans la plupart des médias, l’affaire Buisson est devenu le scoop de Mediapart et de Libération, qui n’avait pourtant pas du tout relevé le problème dans son édition de vendredi. Ce n’est pas la première fois : nos concurrents semblent avoir pris le parti d’ignorer notre travail. Nous savons bien que ces question de préséances n’ont que peu d’importance pour les lecteurs. Ceux de Marianne2 savent à quoi s’en tenir. Ils savent aussi que, si nous avons souvent la dent dure contre les médias, nous ne ratons que rarement une occasion de citer nos confrères et concurrents. Non seulement parce que sur Internet les liens renforcent l’audience du site qui les publie. Mais aussi parce que citer un confrère qui trouve une info fait partie des bons usages du métier.  Dommage qu’ils soient si peu respectés quand il s’agit de Marianne (et en l’occurrence d’Arrêt sur Images).
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