Figaro, Elysée et Opinion Way accusés de collusion

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Figaro, Elysée et Opinion Way accusés de collusion

NOUVELOBS.COM | 18.07.2009 | 08:34

La Société des rédacteurs du quotidien a réclamé à sa direction de « mettre immédiatement un terme » à la publication des sondages Opinion Way, « commandités par la présidence de la République ». Etienne Mougeotte dément toute collusion.

Etienne Mougeotte (AFP)

Etienne Mougeotte (AFP)

Réagissant à une polémique sur des liens présumés entre l’institut de sondage Opinion Way, Le Figaro et l’Elysée, le directeur des rédactions du groupe Etienne Mougeotte a affirmé, vendredi 17 juillet à l’AFP, que les sondages Opinion Way publiés chaque semaine dans Le Figaro sont déterminés et payés par le quotidien. Démentant « formellement » tout financement par l’Elysée, il a expliqué que « chaque semaine, Le Figaro détermine quatre à cinq questions d’actualité, Opinion Way pose ces questions à son panel et fournit ces réponses au Figaro qui les publie le vendredi ou le samedi ».
« Le sondage, chaque semaine, est payé par Le Figaro sur la base d’un contrat annuel. Tout ce qui est dit concernant des sondages qui seraient payés de manière extérieure, et notamment par l’Elysée, est faux et j’y oppose le démenti le plus formel », a-t-il ajouté.
Cette mise au point d’Etienne Mougeotte intervient après que la Société des Rédacteurs du Figaro eut demandé à sa direction, vendredi, « de mettre immédiatement un terme » à la publication dans le quotidien de sondages Opinion Way. Car, au regard du rapport de la Cour des Comptes sur le budget 2008 de l’Elysée, ces enquêtes « sont commanditées » par « la présidence de la République », ajoutent les journalistes du quotidien.

Opinion Way est « au coeur d’une campagne politique »

Répondant à la demande de la Société des rédacteurs du quotidien, Etienne Mougeotte a indiqué ne pas avoir l’intention de remettre en cause la collaboration entre le quotidien et l’institut de sondage, dont il a loué « la grande qualité ».
« Opinion Way n’a jamais reçu la moindre critique, fait face à la moindre protestation de la part de la commission des sondages », a-t-il déclaré.
Dans une réponse à la SDR transmise à l’AFP, le directeur du groupe explique avoir « maintenu le contrat Opinion Way signé en 2007 » lors de son arrivée au Figaro, estimant que ce contrat était « équitable et les enquêtes effectuées au prix du marché ». Il juge qu’Opinion Way « se trouve aujourd’hui au coeur d’une campagne politique« .
Jeudi, dans son rapport sur le budget de l’Elysée, la Cour des comptes a noté que « sur les 35 études (d’opinion, ndlr) diverses facturées en 2008, au moins 15 d’entre elles avaient fait l’objet de publications dans la presse ».

« Mettre un terme à ce type de ‘coproduction' »

Dans un communiqué, les rédacteurs du journal phare du groupe de Serge Dassault, député UMP, ont fait part de leur « consternation », vendredi, après le rapport de la Cour des Comptes relatif au budget de l’Elysée, dans lequel « il apparaît que de nombreux sondages Opinion Way publiés, notamment, par Le Figaro, sont commandités par la présidence et que certains sont expurgés avant d’être diffusés au grand public ».
En conséquence, la Société des Rédacteurs demande « à la direction du Figaro de mettre immédiatement un terme à ce type de ‘coproduction’ qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe ».
« Il appartient au Figaro de choisir seul les instituts de sondage auxquels il commande des études, de déterminer avec eux les sujets de ces études et les questions posées à l’échantillon représentatif, et de publier les résultats in extenso, assortis des commentaires des journalistes rédigés en toute indépendance », ajoute la Société des rédacteurs.

Un rapport qui lance la polémique

Jeudi, dans son rapport sur le budget de l’Elysée, la Cour des comptes a noté que « sur les 35 études diverses facturées en 2008, au moins 15 d’entre elles avaient fait l’objet de publications dans la presse ».
« Pour un nombre très limité d’entre elles, la version remise à l’Elysée contenait des thèmes ne figurant pas dans la version grand public. Pour les autres études, le document remis à la présidence était identique à celui publié par les organes de presse et conduisait donc à mettre en doute l’intérêt de telles commandes », écrit la Cour dans son rapport.
Ce rapport a aussitôt fait l’objet d’une polémique. Selon la députée socialiste Delhine Batho, « nous sommes ici au cœur d’un système d’instrumentalisation de l’opinion et de connivence entre le pouvoir, un institut de sondage et certains médias ». De son côté, l’institut Opinion Way a démenti les accusations de la Cour des comptes à propos de ses liens avec l’Elysée.
Contacté par nouvelobs.com, l’Elysée n’a pas donné suite à notre requête.
(Nouvelobs.com avec AFP)

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